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[Lady Oscar]Un mauvais tour

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Lou


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MessageSujet: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:14

Petite présentation : Le général de Jarjays est veuf et décide de se remarier. De là se succèdent les conséquences pour Oscar et son entourage.



Petite précision : le premier chapitre a été écrit il y a environ 4 ou 5 ans ......et la suite a été écrite il y a quelques mois jusqu'à aujourd'hui .....Il y a donc une énooooooooooooooorme différence entre le chapitre 1 et le chapitre 2 et la suite bien entendu.




Dernière édition par Lou le Dim 10 Jan 2010 - 22:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:15

Chapitre 1


Oscar venait tout juste de finir son service auprès de Marie-Antoinette lorsque le souvenir de cette rumeur lui revint en mémoire. Ce n’était qu’une rumeur, une rumeur sans fondement comme toute les rumeurs de Versailles, mais celle-ci lui faisait mal. La jeune femme prenait toute la conscience du vide qui l’avait envahie depuis la mort de sa mère. Depuis un an qu’elle était partie, Oscar n’arrivait toujours pas à faire le deuil de cette mère qu’elle ne connaissait que trop peu…Elle regrettait de ne pas avoir plus souvent profité de cette chaleur maternelle qui contrastait tant avec la dureté paternelle…Il était trop tard à présent.

« Oscar ! »

André courrait dans le couloir sous les yeux réprobateurs de quelques courtisans troublés dans leur discussion.

_ »Oscar, il faut que tu rentres tout de suite au château ! Ton père t’attends depuis près de trois heures et il s’impatiente !
_Je sais qu’il m’attend mais je devais finir mon service avant. La reine n’aurait pas aimer que je parte alors que sa chère amie Madame de Polignac est absente… »

Oscar se retourna et partit. Elle pressa le pas. Elle ne voulais pas voir André, elle ne voulais pas voir son père, elle ne voulait pas avoir confirmation de la rumeur. Elle voulais fuir, être seule, ne plus penser à rien.

************************************************

Lorsque le froid colonel arriva en la demeure familiale il était près de neuf heures du soir. Son âme n’était pas apaisée mais Oscar semblait plus calme. Elle s’était à nouveau réfugiée derrière cette façade glaciale qui faisait fuir, façade qui la rendait inaccessible. Elle entra dans le bureau de son père telle une statue de glace que rien ne pourrait faire fondre.

_ « Oscar, enfin ! Mon enfant voici des heures que je vous attends…Que nous vous attendons. »

Il se retourna vers une femme d’une trentaine d’année.

_ « Voici celle qui votre devenir votre nouvelle mère !
_Bonsoir Mademoiselle de Jarjayes.
_Bonsoir Madame.
_J’espère mon enfant que vous vous entendrez à merveille avec Agnès. Et bien si vous voulez nous excuser Oscar mais nous avons quelques détails à régler quant à la cérémonie. »

Oscar gagna ses appartements. Son âme ne pouvait plus trouver le relatif apaisement qu’elle avait au retour du caveau familial.

************************************************

Le général de Jarjayes et la désormais novelle comtesse de Jarjayes s’entendaient à merveille. François de Jarjayes parvenait à faire son deuil de Louise, cette femme qu’il avait aimé, aux côtés d’Agnès. La comtesse rayonnait auprès de cet époux qu’elle avait longtemps attendu. Elle s’apprêtait, en ce mois de juin, à donner naissance à son premier enfant.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:16

Chapitre 2 : m'aimera t'il encore ?


L’aube se levait à peine lorsque les premiers cris du nourrisson retentirent. La comtesse épuisée se remettait de ce difficile accouchement alors que tous ceux qui peuplaient le château arrivèrent en courant.


_ »C’est un garçon ! » Grand-mère sortit de la chambre en annonçant fièrement la nouvelle.
« C’est l’héritier que nous attendions tout ! Enfin un héritier pour Monsieur le comte ! »

Le cœur d'Oscar se brisa.

_Un garçon….L'héritier que son père attendait. Pas un héritier de pacotille comme elle….Un véritable héritier qui lui donnerait un jour des petits enfants et perpétueraient son om. Un grand vide sembla l'aspirer. Son sang se glaça et les larmes lui montèrent aux yeux. Elle courut dans sa chambre. S'enferma. Pleura. Appela s mère. Maudit le Seigneur….et son père…et cet enfant….et cette femme ! Elle voulait s'enfuir de cette maison qui résonnait de bonheur qu'elle ne pouvait partager.
La jeune femme scella son cheval et partit au grand galop. Il fallait qu'elle noie son chagrin dans l'ivresse de la vitesse. L'air lui fouettant le visage elle ne sentait plus les larmes couler le long de ses joues. Elle ne sentait plus rien.

_"Oscar ! Attends !"

Elle ne s'arrêta pas. Elle ne voulait pas de nouveau ressentir quelque chose. Ne surtout pas être ramenée à la vie. Mais son cheval en décida autrement et arrêta sa folle course.

_"Tu as épuisé ton cheval par cette course ! Je vais lui enlever sa scelle un moment pour qu'il puisse se reposer.
_Pourquoi ?
_Pourquoi ? Parce que celle-ci lui tient chaud."

Il savait comment s'y prendre pour arracher un sourire à sa belle.

_"Non André…
_Je sais Oscar….J'ai bien vu dans ton regard que tout ceci te faisait souffrir. Ta mère est morte il y a un an à peine et voici ton père à nouveau père et en plus c'est un garçon.
_Pourquoi lui a-t-elle donné ce garçon que ma mère n'a pas réussi à lui donner. Elle a pourtant tout enduré pour lui…Et puis, très égoïstement, j'ai pensé à mon avenir. Que vais-je devenir André ?
_Je ne peux malheureusement pas te répondre…
_Tu penses qu'il m'aime moins maintenant ?"

Oscar lui lança un regard de petite fille perdue. Il lui semblait qu'à présent elle avait le même regard que ses sœurs…Celui des personnes que l'on n'a jamais aimées pour ce qu'elles sont. Et cette phrase lui revint en tête. Petite phrase attrapée au détour d'un couloir.

_"Si j'avais été un garçon, Père, il m'aurait aimée autant qu'il aime Oscar !"

Et si Eléonore avait raison ? Et si la naissance de cet enfant sonnait la disgrâce d'Oscar ?


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:18

Chapitre 3 : Rencontre

Ils restèrent une bonne partie de la journée près du lac de leur enfance. N'osant ni parler ni bouger. Tous les deux étaient perdus dans leurs pensées et ce n'est qu'une voix familière qui les tira de leurs réflexions.

_"Oscar ! Mais que faites vous ici alors que tout le monde vous cherche en votre demeure !"

Le comte de Girodelle approcha doucement et lu dans le regard de son colonel toute sa peine et sa détresse.

_"Pardonnez moi mon amie de vous interpeller ainsi. Je n'en avais nullement le droit.
_Ce n'est rien capitaine…
_Oscar…André, pourrai je m'entretenir seul avec Oscar ?
_Et pourquoi ?"

Les deux hommes se toisèrent. Comme si l'autre était un nuisible qu'il fallait écraser. Un nuisible qui tournait autour de leur bien-aimée Oscar.

_"André….Rentre seul au château et avertit tout le monde que j'avais une mission importante à remplir et que je ne rentrerai pas tout de suite.
_Mais Oscar…Bien je ferrai ce que tu souhaites"

Devant l'air las de la jeune femme il n'avait pas osé objecter plus longtemps. Il était conscient que cela n'aurait servi à rien de discuter. Il partit laissant les deux officiers en tête à tête.

_"Oscar si vous le souhaitez nous pouvons gagner ma demeure. Nous y serons tranquilles et vous pourrez vous reposer quelques heures si vous le désirer.
_Non, non, je ne suis pas fatiguée.
_Vos traits tirés m'indiquent le contraire.
_Victor Clément…"

Des larmes coulèrent le long de ses joues. Le jeune comte ne le supportant pas la pris délicatement dans ses bras pour la consoler. Elle se laissa faire à la plus grande joie de Girodelle. Celui-ci la berça doucement en lui caressant les cheveux.

_"Pardonnez-moi Girodelle. Je ne sais pas pourquoi je suis si triste aujourd'hui. Au contraire je devrais être heureuse !
_Heureuse de vous voir évincée par la naissance d'un frère ? Je reviens à l'instant de votre demeure et j'ai appris la nouvelle. Oscar, je sais combien votre cœur saigne en ce moment. Laissez moi partager votre peine….Peut-être cela vous la rendra plus supportable."

Elle éclata en sanglots. Elle se jeta dans ses bras pour pleurer toutes les larmes de son corps. Il lui semblait que jamais elle n'avait pleuré ainsi et que ce flot de larmes ne devait jamais s'interrompre. Elle se blottit un peu plus contre le comte sentant sa chaleur protectrice. Elle réalisa soudain qu'il était trempé.

_"Monsieur, pardonnez moi je ne sais ce qu'il m'a pris. Vous êtes trempez par ma faute."

Il rit doucement avant de lui répondre.

"_Non Oscar ce n'est pas vous mais la pluie…Il pleut depuis presque une demie heure maintenant.
_Je n'avais pas remarqué…Je suis toute honteuse. Vous êtes tout de même trempé par ma faute.
_Venez nous allons nous sécher en ma demeure."

Ils partirent dans la direction de la demeure familiale du comte au triple galop. Trempés et gelés jusqu'aux os ils y parvinrent en peu de temps.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:19

Chapitre 4 : Un soutien inattendu

Oscar fut rapidement installée dans des appartements où elle put se sécher et changer de vêtements. Un peu trop large pour elle ils la mettaient pourtant en valeur. Elle sourit pour la première fois de la journée à la simple pensée que ces vêtements avaient sans doute appartenu à son capitaine lorsqu'il devait avoir une quinzaine d'années. Ils étaient démodés et trop large lui rappelant la minceur de sa silhouette en comparaison à celle d'un homme. Son sourire disparut alors.

_"Oscar ?
_Monsieur…Je ne vous ai pas entendu frapper.
_C'est pour cette raison que je me suis permis d'entrer. J'avais peur que vous ne vous sentiez mal car je n'ai eu aucune réponse. Mais je suis rassuré à présent. Tout va bien. Ces vêtements sont trop grands pour vous. Je vais vous en faire chercher d'autres.
_Non ils sont très bien. Et ne pense pas que vous trouviez des vêtements à ma taille ici. Grand-mère reprend toujours les miens…C'est toujours trop large !
_Il faut dire que vous n'êtes pas particulièrement grasse comme les oies de la Cour ! Mais en parlant d'oie il me semble que le dîner nous attend.
_Merci Girodelle.
_Je ne serai pas un bon hôte si je ne vous nourrissais pas !"

Il vit un sourire sur son visage. Il se félicita de ceci. Il ne voulait que son bonheur et tous les moyens seraient bons pour y parvenir.

_"Une oie ?!
_Oui je me suis laissé dire que vous adoriez la viande de volaille et je me suis dis qu'une oie serait une bonne idée.
_Vous aviez prévu dès ce matin de m'inviter à dîner car il faut près de trois heures pour cuire un tel volatile.
_Non à dire vrai je pensais plus à demain soir pour être franc. Si l'oie est prête ce soir c'est pour une raison toute simple : son foie. Prenez place mon amie. Dînons avant que tout ceci ne refroidisse."

Ils dînèrent dans une relative bonne humeur. Le comte de Girodelle s'efforça de distraire Oscar durant toute la soirée. En fin de soirée il l'accompagna jusqu'à ses appartements.

_"Merci pour tout Girodelle.
_Non ce n'est rien Oscar. Vous aviez besoin de parler. J'ai été très heureux de vous écouter. Mais maintenant appelez moi Victor.
_Bien Victor. Bonne nuit.
_Bonne nuit Oscar."

Elle se coucha mais ne parvint pas à s'endormir tout de suite. La journée avait été riche en événements et elle appréhendait le retour demain chez elle. Elle devrait expliquer son absence à son père. Elle devrait lui faire face à lui et à cette nouvelle famille. Elle pensa à sa mère. De nouveau le vide l'envahit.

Elle se réveilla fiévreuse au petit matin. Elle n'entendait aucun bruit. Peut-être était-il encore tôt. Elle se redressa doucement dans son lit avant de se laisser tomber sur les oreillers. Elle ne voulait plus bouger de cet endroit.

_"Bonjour Victor."

Elle surprit le jeune homme dans sa lecture. Il leva doucement son regard vers elle avant de lui sourire et de la saluer à son tour.

"_Bonjour chère Oscar. Avez-vous bien dormis ?
_Bien….Enfin non pas très bien en fait.
_Le retour chez vous vous cause tant de soucis ?
_Je ne peux décidément rien vous cacher ! Oui j'y ai beaucoup pensé et je vous avouerai que l'accueil qui m'est réservé me fait presque peur. Je pense que je vais aller voir ma mère et après seulement je rentrerai.
_Permettez moi de vous accompagner.
_Je préfère y aller seule. C'est un tête à tête entre mère et fille…C'est un moment d'intimité créé par sa mort et…
_Je comprends que vous ne vouliez pas le partager…Je me tiendrai à l'écart je vous le promet. Je souhaite juste vous accompagner chez vous par la suite."

Oscar sourit doucement. Il était très prévenant avec elle. Cette chaleur, cette douce amitié la rassuraient. Il lui faisait penser à André. Tous les deux partageaient cette même amitié à son égard. Loin de se douter qu'il q'agissait en fait d'amour.

Après un rapide petit déjeuner ils partirent en direction du caveau familial des Jarjayes. Arrivés à proximité ils virent une très belle femme blonde.

Oscar s'exclama.

_"Eléonore !"


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:20

Chapitre 5 : Eléonore


Eléonore se tourna vers sa sœur. Elle la reconnu à peine. Elle avait bien grandie depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu. Elle avait aussi embellie. Une beauté pure, virginale mais aussi sauvage. Sa petite sœur était une femme sublime quoiqu'elle semblait s'être un peu fanée. Elle avait l'air tellement fatigué.

_Oscar ! Je ne pensais pas vous trouver ici !
_Je dois dire que la surprise est partagée."

Le silence s'installa entre elles. La grande sœur inspectait sa cadette. La plus jeune sœur ne sachant que dire à cette aînée qu'elle ne connaissait pas vraiment. Eléonore s'était mariée alors qu'Oscar n'avait que cinq ans. Elle visitait rarement ses parents car elle ne s'entendait pas avec leur père. Elle voyait leur mère à la Cour pour éviter ce dernier. Bien sûr elle avait souvent entrevue sa petite sœur mais peu après l'arrivée d'Oscar au service de leurs Majestés elle avait dû s'éloigner de Versailles suite à une grossesse difficile. Elle n'avait par conséquent pas vu sa petite sœur grandir et devenir une très belle femme. Dans son esprit Oscar avait toujours seize ans, les cheveux mi-longs et cet air froid, fermé et distant. Aujourd'hui elle découvrait sa sœur, belle, fatiguée, triste…Accessible. Pour la première fois de sa vie Eléonore effleura la joue d'Oscar où une larme coulait en silence. Oscar frissonna à ce contact inhabituel.

_"Je ne pensais pas que je te verrai un jour pleurer petite sœur.
_Il faut croire que tout finit par arriver…..Même un véritable héritier pour les Jarjayes.
_Oscar…Cela ne change rien. Tu resteras l'héritier des Jarjayes.
_Jusqu'à ce que notre frère soit devenu un homme et là je ne servirai plus à rien."

Le silence s'installa de nouveau entre les deux femmes. Elles regardaient la tombe de leur mère. Partageant leur chagrin.

_"Nous devrions partir maintenant. Ils doivent nous attendre maintenant.
_Je n'ai pas envie d'y aller.
_Ne fais pas l'enfant Oscar et puis tu vas être heureuse de revoir toutes tes sœurs ! Les filles de Jarjayes réunies…C'est un événement !"

Elle marqua une pause. Elle dévisagea le comte de Girodelle qu'elle venait de remarquer. Elle avait été tellement surprise de vois sa petite sœur qu'elle en avait totalement occulté le second cavalier.

_'Oscar tu manques à tous tes devoirs ! Qui est donc ce gentilhomme qui t'accompagne ?
_Je suis le comte Victor Clément de Girodelle pour vous servir Madame.
_Le comte de Girodelle est le capitaine des Grades Royales.
_Votre sœur est mon colonel. Un excellent colonel.
_Vous me flattez ! Je vous présente ma sœur aînée Eléonore Marie de Montlosier.
_Je suis ravie de faire votre connaissance Monsieur de Girodelle. Et si vous nous accompagniez jusqu'à notre demeure. Vous pourrez ainsi faire connaissance du clan des filles Jarjayes.
_Osc…
_Venez Girodelle. Je vous déconseille de froisser Eléonore…N'oubliez pas que c'est une Jarjayes et que par conséquent elle déteste que l'on n'obéisse pas à un ordre."

Eléonore éclata de rire. Girodelle ne put s'empêcher de remarquer comme son rire cristallin ressemblait à celui d'Oscar. Les sœurs se ressemblaient par ailleurs beaucoup. Une chevelure blonde, des grands yeux bleus la peau blanche et fine, le même nez aquilin, la même grâce. Tout à ses observations il ne remarqua pas les discrets coups d'œil que lui jetait Eléonore. Celle-ci avait bien noté le trouble du comte chaque fois qu'Oscar parlait, son émotion à chacun des gestes de sa sœur. En femme avertie elle savait reconnaître les signes de l'amour. Elle avait aussi noté l'indifférence d'Oscar. Elle aurait mis sa main à couper que sa cadette n'avait rien remarqué de l'attention que lui portait le comte. Finalement son séjour ici allait s'avérer intéressant !


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:20

Chapitre 6 : Les filles Jarjayes


Eléonore n'avait pas menti….Toutes ses sœurs étaient là ! Et Oscar se sentit étouffer comme prise au piège. Les six filles de Jarjayes toutes réunies dans une seule et même pièce cela n'était pas arrivé depuis….Cela n'était jamais arrivé ! Même pour les obsèques de sa mère et à cette pensée le cœur d'Oscar se serra.

_"Bonjour à vous toutes, mesdames.
_Ma petite Oscar ! Nous t'attendions toutes avec impatience ! Comment te portes-tu ? Tu es un peu pâle. Fais-tu attention à ta santé ? Te reposes tu convenablement ? Et…
_Oui je te remercie Constance."

Oscar sourit à son aînée. Constance avait toujours été très protectrice avec ses sœurs. Elle prenait des nouvelles très régulièrement de tous les membres de sa famille. Elle était le lien entre tous, celle qui gardait la famille un minimum unie, apaisant les colères, les tensions et les jalousies. Oscar aimait cette grande sœur qui n'avait jamais envié sa condition ni commenté ses décisions. Elle était là, aimante.

_"Laissez moi vous présenter toutes les sœurs d'Oscar, Monsieur le comte de Girodelle ! Dans l'ordre :
Marie Charlotte, marquise de Larfeuille
Amélie Jeanne, baronne de Privat
Constance Julie, comtesse de Bonneville
Annabelle Louise, marquise de Saint-Martin.
Mes sœurs voici le comte Victor Clément de Girodelle, capitaine de la Garde Royale."

Girodelle s'inclina respectueusement vers les cœurs de son colonel qui assistait à la scène un peu amusée.

_"Nous sommes enchantées de faire votre connaissance Monsieur. Vous êtes le subalterne d'Oscar ?
_Allons, Marie ce ne sont pas là des manières !
_En tant qu'aînée des filles Jarjayes j'aime savoir à qui j'ai affaire. De plus, je préfère m'informer quant à sa position puisqu'il succèdera à Oscar. Voyez notre petite sœur…
_Marie Charlotte je ne vais pas quitter les Gardes Royales !
_Bien sûr que si mon petit colonel de petite sœur ! Maintenant que père a eu un fils il est hors de question que vous continuiez à vivre comme vous le faites.
_Oui je suppose que la condition de femme est tellement mieux ! Je ne rêve que de ça…Jupons, broderies et enfants ! Je …
_Il suffit Oscar ! Je suis ta sœur aînée et…
_Oui tu es la plus vieille de nous toutes et la plus aigrie aussi !
_Si vous le permettez Madame et avec tout le respect que je vous dois. Je pense que c'est à Oscar de prendre cette décision. C'est à elle de choisir si elle veut rester au sein de la Garde.
_Je ne pense pas Monsieur que cette histoire de famille vous concerne. Père sera de mon avis…
_Et je peux savoir pourquoi je me rangerai à votre avis Marie ?"

La voix du Général fit sursauter tout le monde. Toutes ces dames se turent et le comte de Girodelle comme André qui assistait à la scène depuis le début, purent mesurer le mélange de peur et de respect qu'inspirait le Général à ses filles. Pas unes n'osa briser le silence devant lui. Elles redevenaient enfant face à lui et baissaient les yeux vers le sol pour ne pas croiser son regard.

_"Et bien Marie avez-vous perdu votre langue ? Et vous Oscar que faites vous ici ? Comment osez vous vous montrer alors que nous vous avons cherché pendant des heures hier ?!"

Le Général commençait à s'énerver. Girodelle sentit qu'il devait intervenir Oscar ne semblant pas vouloir répondre.

_"Monsieur de Jarjayes tout ceci est de ma faute.
_Comte de Girodelle ! Je ne vous avais vu…Sans doute étiez vous caché par tous ces jupons ! Mais en quoi l'absence d'Oscar vous concerne t'elle ?
_Suite à des informations recueillies à propos d'un supposé complot j'ai avertit Oscar et nous sommes partit vérifier celles-ci.
_Et où tout cela vous a menés ?
_Malheureusement il c'est avéré que les informations étaient fausses et le supposé complot n'était rien d'autre qu'une banale dispute de palais.
_Je vois. Monsieur j'aurai à vous entretenir dans mon bureau si bien entendu votre temps n'est pas compté.
_Monsieur, ceci serait un honneur."

Les deux hommes se retirèrent après un bref salut de Girodelle en direction des sœurs d'Oscar et de cette dernière. Eléonore s'approcha d'Oscar et lui glissa à l'oreille, amusée.

-"Il t'aime beaucoup dis moi ! Il est même prêt à mentir pour toi !
_Il est beau garçon de plus
_Annabelle !
_Ne joues pas les enfants Oscar ! Ne me dis pas que tu n'as pas…regardé !
_Et c'est un bon parti…"

Oscar regarda ses sœurs, gênée. Elle ne voulait pas répliquer et prit sur elle mais Constance connaissait sa petite sœur et elle vit combien ce genre de remarque pouvait la mettre mal à l'aise. Elle n'était pas habituée à ce genre d'allusions. Elle était encore intimidée quant au sujet de l'amour.

_"Allons petite sœur ne soit pas gênée. C'est une plaisanterie. Et si nous allions toutes nous reposer dans nos chambres respectives. Le voyage a été fatiguant pour chacune d'entre nous.
_Bonne idée Constance."

Toutes prirent le chemin de leur chambre d'enfant. Les souvenirs ressurgirent et les aînées partirent s'installer dans le petit salon finalement. Eléonore et Annabelle coururent comme des enfants dans la tourelle sur le toit. Constance en profita pour prendre Oscar à part dans sa chambre.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:21

Chapitre 7 : petit aparté entre sœurs


Oscar entra doucement dans la chambre de Constance. La pièce était à son image, pleine de tendresse et de douceur. Constance était la dernière à avoir quitté la demeure familiale. Oscar avait alors neuf ans et elle se souvenait encore de la peine qu'elle avait eu en voyant sa grande sœur partir vivre loin d'elle. Elle ne lui avait jamais dit combien elle lui avait manquée les premiers temps.

_"La dernière fois que nous avons été réunies dans cette pièce c'était la veille de mon mariage.
_Oui. Tu avais quinze ans…Tu étais tellement belle le jour de tes noces !
_J'ai eu de la chance. Père m'a choisi un bon époux.
_Tu aimes ton époux ?
_Oui j'ai appris à l'aimer. Et puis il m'a toujours respectée. Marie Charlotte n'a pas eu cette chance par exemple. Après la naissance de ses deux fils et de sa fille le marquis a commencé à entretenir une liaison adultère.
_Je ne savais pas…
_Nous sommes toutes fières ! Nous avons toutes hérité de ce trait de caractère de notre père ainsi nous ne nous plaignions pas. Nous nous taisons et nous faisons face quoiqu'il nous en coûte. Et je dois avouer qu'à ce jeu tu es la plus douée et celle qui en souffre le plus."

Constance se leva et prit sa petite sœur dans ses bras. Oscar sentit les larmes lui monter aux yeux à ce simple contact. Elle se détacha, ravala ses sanglots et essaya de lui mentir.

_"Non je ne souffre pas ! Je suis heureuse ! Et…Constance si tu savais !'

Elle se jeta dans les bras de sa grande sœur et pleura comme l'aurait fait une petite fille. Oui elle souffrait, oui elle avait mal et oui sa fierté l'empêchait de se plaindre.

_"Tu sais Constance parfois je me dis que toute ma vie n'est qu'une vaste mascarade. A quoi sert elle ? Elle ne fait que repousser d'une génération la mort du nom des Jarjayes. Enfin maintenant que nous avons un frère ce n'est plus la même chose…
_Père va vouloir te marier et tu peux faire confiance à Marie et Annabelle pour argumenter dans ce sens. Amélie se rangera aux côtés de Marie, elle n'a jamais aimé prendre d'importante décision seule, elle est un peu trop peureuse pour s'opposer à père de surcroît. Eléonore va s'amuser de la situation, je pense. Tu la connais assez pour savoir que les déchirements familiaux ont le don de l'amuser ! Pour ma part je me rangerai de ton côté.
_Pourquoi ?
_Parce que je pense que nos sœurs vont tout faire pour te marier à des partis plus ou moins avantageux. Je ne veux pas que tu sois malheureuse. En fait maintenant que nous avons un frère je pense que tu pourrais te marier mais seulement si tu choisi ton époux. Il ne serait pas juste que tu souffres encore une fois d'un choix de père.
_Toi aussi tu veux que j'abandonne les armes !
_Tu ne vas pas avoir le choix ma petite ! Crois tu vraiment que leurs majestés vont te laisser continuer à jouer au soldat ? Et puis pense un peu à ton bonheur…
_Mais je suis heureuse ! J'aime la vie de soldat !
_Tu ne connais que cette vie la mon chaton.
_Tu ne vas pas recommencer à m'appeler comme ça…."

Constance éclata de rire face à la moue boudeuse d'Oscar. Sa petite sœur avait toujours détesté ce surnom. Pourtant leur mère aimait l'appeler ainsi quand elle était nourrisson. Oscar avait beau pousser de véritables hurlements à sa naissance elle n'en était pas moins chétive. Sa mère l'avait comparée à un petit chaton mouillé et ses sœurs la tourmentaient parfois avec ça.

_"Et si nous allions voir notre petit frère ?
_Non !
_Oscar tu vas arrêter de faire l'enfant gâtée et tu vas me suivre.
_Je n'ai pas envie de le voir. Je ne sais pas comment me conduire. Je ne vais pas dire que je suis heureuse de le voir alors que ce n'est pas le cas.
_Tu sais Louis François n'y est pour rien dans ton malheur. Il n'a rien demandé à personne."

Constance se leva et entraîna sa sœur bon gré mal gré vers la chambre du nourrisson.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:21

Chapitre 8 : Louis François de Jarjayes


Elles entrèrent dans la chambre du bébé. Il dormait paisiblement dans son couffin. Il était vraiment tout petit, fragile et paisible. Constance se pencha doucement pour le regarder. Elle fit signe à Oscar de s'approcher pour pouvoir regarder à son tour son petit frère.

_"Il est tout petit. Je pensais que les nourrissons étaient plus grands.
_Non, ils sont tous petits et fragiles.
_Mais ils font beaucoup de bruit lorsqu'ils pleurent. Il a bougé …On devrait partir avant qu'il ne pleure.
_Si il pleure il suffira de le bercer pour le rassurer…Dites moi colonel vous n'auriez pas peur d'un nouveau-né tout de même ?!
_Je préfère les soldats aux enfants, je dois bien l'avouer."

Elle sourit doucement à sa sœur. Bien sûr qu'elle aimait jouer au soldat. C'était évident sinon même par amour pour son père elle n'aurait pas poursuivit les rêves chimériques de celui-ci. Mais maintenant c'était un autre qui allait poursuivre ces rêves à sa place. Un vrai garçon. Et elle qu'allait elle devenir ? Elle était encore jeune mais elle ne désirait pas se marier. Se marier avec qui et pour quoi faire ? Elle ne voulait pas devenir comme Marie Charlotte aigrie et délaissée par son époux. Mais que lui restait-il comme alternative en dehors du mariage ? Rien. Elle regarda l'enfant qui dormait paisiblement et elle ne put s'empêcher de penser que tout cela était de sa faute. De la faute de cette femme qui avait osé prendre la place de sa mère, la seule véritable Madame de Jarjayes.

Constance perçut le changement d'humeur de sa sœur. L'amener ici n'était pas une bonne idée. Elle s'était trompée. Oscar était trop fragile pour pardonner quoique ce soit à qui que ce soit. Sa vie était en petits morceaux et tous à ses yeux allaient devenir responsable. Sa petite sœur allait elle sombrer dans la folie ? Allait-elle accepter le mariage ? Constance prit conscience du gouffre qui la séparait de sa sœur. Elle en bonne fille avait tout accepté mais Oscar était d'une autre trempe et elle n'hésiterait pas à se rebeller. Une visite à son petit frère ne parviendrait pas à attendrir son cœur. Elle allait devoir ruser…Au risque de la perdre. Mais il fallait qu'elle rentre dans le rang.

Elles quittèrent la chambre de l'enfant. Oscar partit sans un mot en direction des jardins. Elle avait besoin de prendre un grand bol d'air, elle étouffait ici. Constance quant à elle se mit à chercher Eléonore, sa fidèle alliée, contre les humeurs d'Oscar.

_"Chère sœur j'ai à vous entretenir d'un sujet de la plus haute importance.
_Dis-moi Constance tu as vu André ? Il est tout à fait charmant.
_Tu veux plutôt dire qu'il est tout à fait à ton goût ! Ceci pourrait nous être utile.
_Tu m'intrigues Sissi !
_Ecoute moi Lonore…André dévore Oscar des yeux. Je pense qu'il est totalement fou d'elle. Oscar n'a rien vu j'en suis certaine. Pour la faire plier j'ai ma petite idée sur la question…"

Les deux sœurs s'enfermèrent à double tour dans la chambre de Constance. En fine lame de l'intrigue rien ne filtra au sujet de leur petit complot.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:22

Chapitre 9 ; Pour parvenir à ses fins tous les moyens sont bons 1


Une semaine que le château résonnait du bruit de la famille de Jarjayes réunie au grand complet. Oscar essayait tant bien que mal de fausser compagnie à ses sœurs. Pas facile lorsque l'on a cinq femmes à ses trousses de passer un peu de temps seule ! Elle partait faire de longues ballades à cheval. Elle pouvait ainsi penser à son avenir, parler à sa mère ou tout simplement galoper à en perdre haleine. Epuisée, elle rentrait tard, se couchant presque aussitôt afin de ne voir personne. Son père avait remarqué ce manège mais ne disait rien pour le moment. Il ne savait que faire face à elle. La marier serait la désavouer mais lui permettre de continuer sa vie de soldat n'était plus possible. Son ami le duc de Broglie ne tarda pas à s'en mêler.

_"Allons mon cher ! Ne me dites pas que vous allez faiblir devant cette jeune femme ! Il n'est dorénavant plus envisageable de la laisser ainsi mener des troupes.
_Je le sais bien mon ami. Cependant si je la brusque je vais la perdre…
_Comment ça ? Allons donc, elle obéira à son père, j'en suis certain.
_C'est bien mal connaître Oscar ! Elle est obstinée au possible…
_Je me demande bien de qui elle peut tenir ce sacré caractère ! Que pensez-vous de l'idée d'un bal. Un bal pour fêter la naissance de votre fils et annoncer que la main d'Oscar est à prendre ? Oscar ne pourra refuser surtout si vos cinq autres filles se chargent de la convaincre.
_J'en aviserai mes filles. Il y en a bien une qui saura utiliser les mots justes pour la faire plier.
_Si j'étais vous mon cher j'éloignerai d'Oscar cet écuyer…Une jeune dame ne peut avoir un homme qui la suit ainsi sans cesse sans que de mauvaises rumeurs ne se répandent.
_Je verrai cela…"

L'entretien se poursuivit. Et tout fut bientôt arrangé pour que le bal ait lieu dans les meilleures conditions. Eléonore n'avait pas perdu une miette de cette entrevue. Dissimulée dans la petite mezzanine parmi les fleurs et autres plantes elle avait put mettre au point sa stratégie pour éloigner André d'Oscar.

Eléonore attendit qu'Oscar rentre de sa ballade journalière pour aller voir André. Elle frappa et entra dans la chambre du jeune homme. Sous couvert de l'amitié et faisant mine de s'inquiéter pour Oscar elle engagea la conversation.

_"Vous savez André, Oscar ne va pas bien en ce moment. Je ne sais pas vraiment comment l'aider.
_Il n'y a qu'un moyen de l'aider. Lui rendre sa liberté et arrêter de l'enfermer ici. Elle étouffe lorsqu'elle ne fait rien.
_Elle n'est pas enfermée ! Elle galope pendant des heures sans qu'il n'y ait aucun moyen de la voir ! Elle part pendant des heures, revient épuisée et s'enferme dans sa chambre pour dormir. Je ne sais pas quoi faire."

Elle soupira et s'assit sur le lit du jeune homme. Elle avait un air vraiment abattu et André ne put s'empêcher de constater à quel point elles se ressemblaient physiquement. Il s'assit à son tour sur le bord du lit.

_"Je sais. Elle me manque à moi aussi. Je ne peux pas l'aider car elle refuse de montrer ses faiblesses. Elle ne se laissera pas apprivoiser facilement."

Eléonore laissa échapper un soupir et posa sa tête sur l'épaule d'André. Ce contact l'électrisa. Il pensa à Oscar. Il pensa à tout cet amour qu'il avait pour elle. Il regarda sa sœur…Elle ressemblait dangereusement à sa bien-aimée. Eléonore sentit que le but recherché avait été atteint. Elle approcha doucement ses lèvres de celles d'André. Il se recula mais sans vraiment s'éloigner d'elle. Elle était bien trop tentante. Elle posa sa main sur son visage. Ils s'embrassèrent.


_"André !"

Il se releva et sa trouva en face d'Oscar. Elle le regardait comme si elle le voyait pour la première fois. Ses yeux s'embuèrent et elle partit en courant manquant de renverser Constance.

_"Et bien mon cher André il semblerait que tu ais fauté !"

Constance tout en éclatant de rire entraîna Eléonore hors de la pièce.

Le lendemain André partit pour la Normandie. Le général ayant appris l'incident préféra éloigner loin de ses filles et surtout d'Oscar un "jeune homme bien trop pressant" selon ses propos. Il fut convenu qu'Oscar ignorerait tout de cela.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:22

Chapitre 10 : Eléments de réponse et décision

André est parti….Il est parti sans rien lui dire. Sans un mot, sans une explication. Cela ne lui ressemblait pas. Et pourquoi ce départ soudain ? Oscar faisait les quatre cent pas dans sa chambre sans trouver de réponse à ses questions. Tout lui semblait tellement surnaturel depuis quelques temps. Le décès de sa mère, le mariage de son père, l'arrivée de ses sœurs, le départ d'André et le lettre de son ami Fersen. Soudain Oscar se réveilla comme frappée par la foudre. La lettre, elle ne l'avait pas encore lue ! Elle se précipita à son bureau, ouvrit le tiroir de gauche, la décacheta et la lut.

"Ma chère amie,

J'espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé. Je vous écris ces quelques mots de Suède pour vous annoncer mon retour en France. Rassurez vous ce n'est pas dans le but de voir sa Majesté la reine. Bien que j'aurai aimé la voir…Je viens en France pour conclure quelques affaires. A ce sujet j'apprécierai pouvoir rencontrer Monsieur votre père. Vous serait-il possible de l'informer de ma volonté ?

J'espère vous voir dès mon arrivée en France qui est prévue pour le 15 octobre.

Bien à vous mon amie

Hans Axel de Fersen."

Oscar écarquilla les yeux de surprise. Elle ne savait pas quoi penser de cette lettre. Pourquoi Fersen souhaitait il rencontrer son père ? Pour quelles affaires voulait il le voir ? Elle plia le billet et se dirigea vers le bureau de père afin d'obtenir de plus amples informations. Elle était loin de se douter que ses sœurs jouaient avec sa vie comme avec des dés que l'on lançait inlassablement. Au moment d'ouvrir la porte de sa chambre on frappa. Elle ouvrit et se trouva face à sa sœur Marie Charlotte. Oscar ne voulait pas se disputer avec sa sœur. Marie et elle n'avaient jamais eu de vraies relations, Marie avait quinze ans quand Oscar était née et elle s'était mariée deux ans plus tard. Néanmoins sa grande sœur avait toujours gardé un œil sur elle. Elle avait suivi l'évolution de sa carrière et lui envoyait de temps en temps des courriers pour prendre de ses nouvelles. Leur correspondance irrégulière témoignait cependant de l'attachement de Marie pour sa sœur. Elle n'avait jamais cautionné le choix de son père.

_"Oscar, pardonne moi cette visite matinale mais je voulais t'entretenir à propos de notre altercation d'hier.
_C'est oublié Marie…Je n'ai pas envie de me battre avec toi.
_Tu es préoccupée à cause du départ d'André. Je comprends."

Oscar la fixa, étonnée.

_"Tout le monde sait qu'André est parti du château. Père l'a envoyé sur nos terres.
_Sais tu où a-t-il été envoyé ?
_Non mais je sais pourquoi. Je sais tout pour l'affaire du baiser et je sais aussi que ceci était prémédité. Oscar, nous sommes tes sœurs et nous te voulons toutes du bien cependant…
_Cependant quoi ?! Vous m'enlevez mon meilleur ami ?! Je ne suis pas assez seule ?! Je dois être encore une fois abandonnée par un être cher !! Et qui sera le prochain….Grand-mère ?! Vous ne savez pas où est mon intérêt et vous complotez dans mon dos en espérant qu'une fois l'affaire découverte je vous remercie !!
_Père veux te marier et Constance et Eléonore voyait dans André un obstacle à ce projet.
_Comment ? Que dis-tu ?
_Père a prévu d'organiser un bal pour dévoiler ta véritable nature et pour te trouver un époux.
_Personne ne voudra de moi !
_Oscar, depuis quelques temps beaucoup de personnes ont appris que tu es une femme, et un certain nombre de gentilshommes se sont montrés intéressés.
_Ceci explique l'entrevue entre père et Girodelle. Ceci explique aussi le courrier de Fersen…
_Monsieur de Girodelle me paraît le meilleur des prétendants quant à Fersen…"

Le cœur d'Oscar se serra. Que ferait-elle si Monsieur de Fersen demandait sa main ? Il aimait la reine cela n'arriverait jamais. Oscar se surprit à espérer tout de même. Marie Charlotte avait perçu ce trouble. Elle garda le silence pour ne pas risquer de braquer sa sœur. Une seule personne pouvait braver les colères de sa sœur et savait la faire plier, André. Seulement comment faire sans lui ? Oscar ne se laisserait pas convaincre de se marier facilement.

_"Marie ?
_Oui ?
_Je ne me marierai pas !"

Oscar sortit en trombe de sa chambre. Elle scella son cheval et partit pour Versailles.

_"Votre Majesté je vous demande de me relever de votre service !".


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:23

Chapitre 11 : L'ombre du passé

Marie Antoinette bien que désolée par la demande d'Oscar y accéda. Elle lui confia un régiment des Gardes Françaises. Ceci rendit furieux son père mais elle n'en avait cure. Elle voulait se libérer de ce destin qu'elle n'avait pas choisi. Elle voulait respirer, enfin reprendre son souffle, emplir ses poumons d'un air pur. Enfin couper ses liens et cesser d'être une poupée.

_"Mais au fond en restant militaire j'honore toujours la volonté de mon père ? A quoi bon maintenant….Je ne suis plus son enfant prodige. Je ne suis qu'une fille à marier sans plus aucun intérêt. Je ne sais que faire maintenant. Continuer cette vie imposée ? Devenir une femme et me marier sans avoir le droit de choisir ? Et André m'a abandonnée ainsi que Monsieur de Fersen. Que faire sans amis, sans appuis ? Je ne peux pas compter sur mes sœurs non plus. Mon Dieu, aidez moi."

Toute à ses pensées Oscar n'avait pas remarqué qu'elle était arrivée devant le caveau familial. Une fois encore elle fleurit la tombe de sa mère, elle pleura encore pendant de longues minutes. La tristesse envahit son cœur et la transperça.

_"Je savais bien que je vous trouverai ici."

Oscar sursauta.

_"Fersen ?!
_Oui c'est bien moi mon amie. Que le temps a passé depuis ma dernière visite en France. Je suis une ombre du passé maintenant !
_Allons Fersen, ne parlez pas ainsi…
_J'ai été désolé Oscar d'apprendre le décès de madame vote mère. J'imagine combien cela a du être pénible.
_En effet cela est fort pénible. Elle me manque tellement. Son amour qu'elle distillait dans l'air comme un doux parfum de rose. Les petites attentions qu'elle avait à mon égard. Quand j'étais petite, j'attendais tapie dans le noir, que mes parents rentrent de Versailles. Je me suis souvent endormie avant leur retour. Ma mère alors me réveillait, me raccompagnait dans ma chambre, me bordait et pour que je trouve le sommeil plus vite restait auprès de moi, chantant doucement une mélodie inventée. Elle chantait ces mots pour moi mais maintenant il n'y a plus ni chanson ni paroles réconfortantes…
_Oscar, mon amie….
_Laissez moi seule Fersen. Encore un petit moment, un tout petit moment avec elle…"

Devant cette prière Fersen sortit lentement du caveau pour attendre son amie. Elle lui avait parue si fragile en cet instant. Elle semblait prise dans un tourbillon de tourments. Il ne savait que trop bien ce qu'était le deuil mais celui de la jeune femme lui paraissait insurmontable. Dans ses yeux, il lui avait semblé lire, une tristesse incommensurable.

Le chemin du retour se fit en silence. Oscar, les yeux rougis, n'osait regarder son ami. Fersen, respectant le silence de son amie, l'observa pendant tout le trajet. Ce ne fut qu'une fois arrivé à la demeure des Jarjayes que des voix se firent de nouveau entendre.

_"Oscar vous voilà enfin ! Toute votre famille vous attend pour souper ! Vous ne devriez pas faire attendre votre père…
_Oscar que signifie ce retard ?
_Veuillez la pardonner Monsieur le Général de Jarjayes. Tout est entièrement ma faute !
_Monsieur de Fersen, que nous vaut l'honneur de votre visite ?
_Je désirais revoir une amie chère en la personne de votre fille, Mademoiselle Oscar. Par ailleurs je dois vous entretenir de quelques affaires pressantes comme je vous l'ai annoncé dans mon courrier.
_Oui, c'est vrai. Allons dans mon bureau pour discuter de tout cela."


Les deux hommes se dirigèrent vers le bureau du général. Oscar avait assisté à toute la scène. Spectatrice de cet étrange manège elle ne put s'empêcher de réprimer un petit sourire amer. Ainsi Fersen devait s'entretenir avec son père ? Elle décida de ne pas y penser pour le moment. Elle avait un problème plus urgent à résoudre : André. Elle remonta à cheval et partit au galop alors que Grand-mère l'appelait à grands cris.


_"Ainsi donc vous me demandez la main de ma fille ? C'est surprenant.
_Pardonnez mon insistance Monsieur mais je souhaite épouser votre fille. Oscar….
_Monsieur, je n'ignore pas votre réputation de séducteur. Vous me demandez sa main, soit. Cependant saurez-vous la rendre heureuse ? Oscar n'est pas l'une de ces dames de cour. Par ailleurs si vous l'épousez vous serez amené à rentrer chez vous, en Suède. Je vous avouerai que savoir mon enfant si loin de moi ne me plait guère. Je suis un vieil homme qui espère voir ses petits enfants venir au monde.
_N'ayez crainte à ce sujet. Je ne pense pas rentrer en Suède tout de suite. Et si, par bonheur, Oscar me donnait des enfants, je souhaiterai les élever en France dans un premier temps. Le climat suédois n'est guère clément et ….
_Père refusez, je vous en prie !
_Marie Charlotte, que signifie ?!
_Vous connaissez sa réputation de séducteur ! Vous le savez père qu'il ne pourra rendre Oscar heureuse ! Je vous en supplie ne lui accordez pas sa main…"

Marie Charlotte s'agenouilla face à sa père. Elle le fixa dans les yeux. Elle lui rappela Oscar en cet instant. Cette même farouche volonté de combattre, de gagner.

_"Madame, ne vous méprenez pas sur mes intentions."

Marie Charlotte se redressa. Il fallait faire face. Il ne fallait pas que celui qui à ses yeux n'était qu'un intrigant épouse sa sœur cadette.

_"Vous n'êtes qu'un gentilhomme de pacotille. Ne pas me méprendre sur vos intentions ? Et qu'elles sont elles ? Epouser ma petite sœur pour couvrir votre royale liaison adultérine ? Vous ne voulez pas épouser Oscar pour faire son bonheur mais pour vous constituer un alibi. Vous continuerez à voir sa majesté la reine sans vous souciez du bonheur d'Oscar. Vous salirez son honneur, piétinerez ses sentiments et enfin lui arracherez le cœur !
_Marie cela suffit maintenant. Monsieur de Fersen, je vous prie de vous retirer. Si vos sentiments sont purs et sincères prouvez le dans le cas contraire je vus prierai de ne plus vous mêler du destin de mon enfant.
_Bien Général. Mes respects Madame."

Fersen se retira.

_"Marie.
_Père, pardonnez moi mon intervention mais il le fallait. Je ne pouvais laisser ma petite sœur s'engager dans une union qui ne lui aurait pas apportée le bonheur.
_On ne se marie pas pour être heureux, vous l'avez appris à vos dépends.
_Certes, mais je sais que vous n'avez pas été l'artisan de mon malheur. Réfléchissez Père. Oscar ne peut pas épouser un homme comme Fersen….Il est….
_Vous parlez comme votre mère ! Vous avez sa sagesse. Elle aurait su quoi faire ….Laissez moi maintenant mon enfant.
_Bien Père"

Le Général de Jarjayes resta seul dans son bureau. Il ne savait plus que faire avec son enfant. Comment prouvez à Oscar qu'il l'aimait plus que tout ? Comment faire son bonheur ?


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:23

Chapitre 12 : pour parvenir à ses fins tous les moyens sont bons 2

L'ambiance au château devenait de plus en plus lourde. Oscar ne parvenait pas à oublier le coup bas de Constance et Eléonore. Elle ne leur adressait plus la parole et ne semblait pas prête à enterrer la hache de guerre. Cependant, ses sœurs savaient quoi faire pour se faire pardonner. Elles prièrent, supplièrent, leur père de faire revenir André aux côtés d'Oscar si celle-ci abandonnait le métier de soldat. Le général voyant là un bon moyen pour faire plier Oscar fit revenir André au château mais sous surveillance. Certes, celui-ci était l'ami de sa fille mais il était hors de question qu'il n'entache la réputation de sa fille.

_"Ainsi Oscar tu as renoncé aux armes pour moi.
_Pas pour toi ! Pour Grand-mère…Tu lui manquais tant. Je ne voulais pas la faire mourir de chagrin. Et puis je n'ai pas eu le temps de prendre mes fonctions aux Gardes Françaises, je ne regrette par conséquent rien. Peux-tu sceller mon cheval ? Il faut que j'aille rendre visite au nouveau colonel des Gardes Royales. Je me dois de le féliciter.
_Oscar je t'accompagne.
_Non il n'en est nul besoin. Je veux me rendre avant sur la tombe de ma mère."

André sortit, laissant seule sa bien-aimée. Amer il se souvint des paroles de Constance.

_"Mon petit André c'est à Eléonore et moi que tu dois ton retour parmi nous. Cependant il va falloir que tu cesses de t'opposer à nos projets. Oscar doit se marier avec un noble gentilhomme et il serait bon pour toi que tu nous aides. Si tu refuses et bien les conséquences pourraient être funestes. Tu ne voudrais pas qu'il arrive malheur à ta chère Oscar si tu n'obéissais pas…Tu dois la convaincre de se marier. Peu importe que tu l'aimes car cet amour ne sera jamais réciproque. Tu n'es pas digne d'elle, tu n'es rien pour elle, seulement un ami d'enfance. De nobles gentilshommes sont eux bien plus dignes de l'épouser et pour se faire tu vas nous aider. As-tu bien compris ?"

La mort dans l'âme André voyait tous ces hommes tournés autour de son Oscar. La salir de leurs regards inquisiteurs. Il la voyait se débattre parmi cette horde de bêtes prêtes à la dévorer. Elle était de plus en plus malheureuse mais elle ne disait rien se terrant dans son silence.

_"Oscar ! Cela faisait tellement longtemps que je ne vous avais vu !
_Je suis venue vous féliciter Colonel pour votre promotion au sein des Gardes Royales.
_Oscar, non pas vous. Vous n'allez pas vous plier au jeu des courtisans.
_Puisqu'il le faut…
_Mon amie vous semblez épuisée. Assoyez-vous un instant.
_Je dois partir…
_Je me permet d'insister. Il y a si longtemps que je n'ai eu l'honneur de converser avec vous.
_Je suis surprise Girodelle de votre prévenance et de votre absence au bal des soupirants.
_Je ne veux pas m'imposer. Votre père m'a entretenu de sa décision de vous marier. Si je dois devenir votre époux Oscar je souhaiterai que ce soit vous qui me donniez l'autorisation de demander votre main. Je ne veux pas que l'on m'impose à vos côtés. La vie d'époux est pleine de bonheur quand les deux parties sont en accord.
_Victor…J'ai entendu toutes sortes de choses sur la vie de couple, sur le mariage…Je ne sais plus que penser. Vous êtes un homme prévenant. Un ami cher et sincère."

Girodelle fut toucher de ces paroles mais espérait que bientôt plus que de l'amitié ce serait de l'amour que la jeune femme lui témoignerait. C'était toutefois un bon début. Ils passèrent par la suite de plus en plus de temps ensemble. Oscar découvrait peu à peu un autre homme. Son ancien capitaine était un homme cultivé, sincère, drôle. Sa présence rassurante à ses côtés lui fit oublier peu à peu la presque absence d'André. Celui-ci bien que revenu au château l'évitait le plus possible. Il ne semblait plus prêter attention à leur ancienne amitié et sa sœur Annabelle lui avait rapporté qu'il fréquentait nombre de prostituées. Oscar ne savait pas qu'il la cherchait dans chacune de ces femmes. Tout ce que connaissait à présent Oscar c'était la présence rassurante du désormais Colonel de Girodelle.

_"Dites moi Jarjayes votre fille passe beaucoup de temps avec le colonel de la garde. Cela commence à faire jaser ne serait- il pas bon d'officialiser leur relation ?
_Je pensais attendre le bal de demain. Oscar semble avoir fait son choix et je ne peux que l'approuver. Le comte de Girodelle est un excellent parti.
_Je me suis laissé dire que le duc de Castelperrac c'était montré intéressé.
_Un duc ? Peut-être serait-il bon qu'Oscar le rencontre avant de faire son choix.
_Cet après-midi serait il possible qu'ils se rencontrent ?
_Oui bien sûr."

Annabelle qui avait entendu cette discussion s'alarma à cette nouvelle. Il fallait prévenir Marie sans perdre un instant. Il ne fallait pas que son père cède au comte de Broglie sinon il en serait fini de sa sœur.

_"Marie écoute moi il ne faut pas que ce duc l'épouse !
_Mais enfin voyons Anna pourquoi est ce si terrible ?
_J'ai été sa maîtresse et…
_Je ne te dirai pas combien cette nouvelle m'indigne mais je veux tout savoir ! En quoi le fait d'avoir été sa maîtresse concerne Oscar ?
_Et bien il sait depuis cet instant la vraie nature d'Oscar et…
_Et ?
_Enfin il n'est pas très prévenant….C'est un grand séducteur. Il fréquente certains cercles.
_Libertin ?"

Annabelle acquiesça et baissa les yeux de honte devant le regard réprobateur de sa sœur.
_"Anna va chercher André.
_Pourquoi ?
_Pour tenter de réparer tes erreurs en ne le laissant pas épouser notre sœur !"

Maire se mit à faire les cent pas dans sa chambre. Elle n'en revenait toujours pas de la stupidité de sa sœur. Elle devait aussi trouver un moyen sûr d'éloigner Oscar cet après-midi du château. Monsieur de Girodelle était la meilleure des options mais elle selon les dires de Grand-mère il était à la Cour. Evidemment il était à la Cour sinon il serait en train de courtiser sa sœur. Cette pensée la fit sourire. Il revit cet après-midi ensoleillé mais froid où le jeune comte avait offert à sa sœur une magnifique jument. Oscar avait tellement insisté pour faire une ballade qu'ils étaient partis en direction du lac de son enfance. Girodelle, en homme prévenant, avait insisté pour que la promenade se fasse à une allure raisonnable. Marie avait ainsi pu les suivre et être témoin de ce qu'elle considérait être une déclaration de la part d'Oscar. Girodelle voyant qu'elle n'était que peu couverte pour la saison passa son manteau sur ses épaules. Oscar s'était laissé faire et lui avait doucement sourit. Ses joues légèrement roses et le regard troublé. Plus tard dans la soirée elle les avait surpris. Il se tenait près d'elle, ses lèvres effleurant doucement l'épaule d'Oscar. Sous ce contact sa sœur avait frissonné. Elle avait rougit et avait bégayé quelques mots confus. Si comme elle le pensait Oscar était amoureuse de ce comte il fallait protéger cet amour.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:24

Je pense qu'un petit warning s'impose. La fin du chapitre peut être choquante.




Chapitre 13 : le choix 1

Marie avait finalement trouvé une solution pour éloigner Oscar de la demeure familiale. Cette solution ne lui convenait guère et elle devrait affronter les foudres de son père. Elle soupira et se dirigea vers le bureau de son père. Elle ne savait que faire, que dire.

_"Tu ne devrais pas tant te faire de soucis.
_Amélie ? Mais enfin que dis-tu ?
_Vous avez toujours eu tendance à me sous-estimer. Vous êtes toutes tellement persuadées de détenir la vérité que vous en oublier de voir ceux qui vous entourent. Je ne pense pas que tu devrais dire à père où est Oscar et surtout pas avec qui. Il sera fou furieux contre toi et tu tomberas en disgrâce. Comment empêcher un mariage si tu ne peux plus le faire plier ? Sachant ton plan j'ai pris la liberté d'envoyer un billet à Monsieur de Girodelle.
_A quel propos as-tu envoyé ce message ?
_La demande du duc. Peut-être se déclarera-t-il enfin ! Bien et maintenant allons prendre le thé !"

Amélie entraîna sa sœur loin du bureau de son père. Celui-ci s'excusait de l'absence de sa fille. Gêné mais rassuré de constater l'absence de celle-ci. Il n'avait pas reconnu le nom du nouveau prétendant de sa fille mais maintenant il voyait parfaitement de qui il s'agissait. Il avait entendu parler des prouesses libertines de cet homme. Il avait refusé de marier Oscar à Fersen ce n'était pas pour la jeter entre les bras d'un séducteur bien pire. Par ailleurs le duc n'avait pas paru particulièrement intéressé par sa fille. Elle l'intriguait mais qui ne serait pas intrigué par Oscar ? Cependant le duc de Castelperrac tenait à assister au bal qui allait avoir lieu le lendemain. Le Général de Jarjayes ne pouvait s'opposer à ceci sans risquer un scandale. Il consentit à l'accueillir et se réjouit faussement de sa présence.

Ignorants tout de ce qui se passait au château Oscar et André étaient arrivés au lac. Par ce froid après-midi de décembre la nature c'était figée. Oscar n'avait pas vraiment envie de chevaucher aujourd'hui. Elle était restée silencieuse, perdue dans ses pensées. André conscient de la distance de son amie lui proposé de se rendre ailleurs pour se distraire. Oscar avait préféré rentrer mais avant cela ils se rendirent sur la tombe de sa mère.

_"Cela fait un an qu'elle est décédée. Elle est morte un 21 décembre.
_Tu étais à la Cour ce jour-là. Tu réparais encore une fois une des sottises de la reine.
_C'était mon devoir…Réparer les sottises de la reine. Maintenant c'est Victor-Clément qui se charge de cela.
_Victor-Clément ! Tu l'appelles par son prénom maintenant !
_Comme je le fais avec tous mes amis ! Comme je le fais avec toi !
_C'est ridicule ! Cet homme te console et vous voilà à vous lancer des regards doux ! Il veut la même chose que les autres….Te changer en te privant de ta liberté !
_Mais est ce qu'un jour j'ai été libre ? Réponds-moi André ! Je n'ai jamais été libre ! Jamais ! Même toi tu as essayé de me contraindre à faire un choix. Ne détourne pas le regard ! Souviens toi quand j'avais quatorze ans et que j'ai du choisir ! Tu es comme tous les autres André !
_Non ne dis pas ça ! Pour toi j'endure les pires tourments et jamais je n'essaierai de te changer. Une rose reste une rose. Tu as tort de croire que l'on peut changer le cours des choses à sa guise. Une rose reste une rose elle ne devient jamais lilas. Pour toi je me suis compromis et renié."

Oscar le regarda sans comprendre ses paroles. Elle ne comprenait pas ce qu'André voulait lui dire. Sans s'en apercevoir elle le gifla de toutes ses forces André la saisit par les poignets, la plaqua contre le mur du caveau familial, s'empara avidement de ses lèvres.

_"Mais André que fais tu ? Lâches moi !"

Prise de panique Oscar se débâtit tant qu'elle put. André ne cessa de l'embrasser. Il sentit la situation lui échapper. Il désirait tant cette femme. Son corps contre le sien, ses lèvres prisonnières des siennes. Il la désirait, il la voulait et bientôt il n'y eu plus que cette idée qui comptait. Il ne pouvait la laisser à Girodelle. Il ne la méritait pas. Il la poussa dans le caveau sans la lâcher. De nouveau il la plaqua contre le mur. Libérant une de ses mains il se mit à parcourir son corps. Oscar haleta de peur. Elle tenta de s'échapper mais il la retint tout contre lui. Elle sentait son corps puissant d'homme contre le sien. Elle sentait toute la différence entre son corps de femme, frêle et celui de son ami d'enfance. Elle se débâtit encore. Elle tenta de crier mais aucun son ne sortit de sa gorge. Elle s'entendit sangloter. André posa à nouveau ses lèvres contre les siennes. Il parcourait son corps de caresses. Il déchira sa chemise et libéra ainsi le chemin conduisant à sa poitrine. Il prit doucement un sein dans sa main, la câlina tendrement. Oscar trouva la force de crier. Plus qu'un cri c'était un hurlement. Elle s'agita et André la plaqua plus étroitement contre le mur. Elle sentit contre sa cuisse l'expression du désir de son ami. Elle fondit en larmes à cet instant. Jamais elle n'aurait pensé que son ami lui ferait du mal.

_"André je t'en supplie arrête….
_Oscar je t'aime tant. Je t'aime, tu es la seule que j'ai jamais aimé…Mon Oscar.
_André si tu m'aimes arrêtes. Je t'en prie laisse-moi partir. "

Il lâcha brusquement Oscar réalisant soudain ce qu'il faisait. Profitant de cet instant d'hébétement de son ami Oscar s'enfuit en larmes.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:24

Attention ce chapitre contient une scène très intime entre deux personnages.



Chapitre 14 : Le choix 2

Elle galopa pendant des heures. Elle ne sentait plus rien ni le froid ni la neige lui fouettant le visage. Elle ne voulait plus rien ressentir ni cette peine ni cette souillure sur son sein gauche. Elle poussa son cheval encore une fois. Aller vite toujours plus vite. Ne pas penser à ce mal ne penser à rien. Elle cria à nouveau son mal. Elle voulait expulser de son corps ce sentiment de trahison, de souillure, d'anéantissement. Elle voulait aller plus vite encore mais con cheval s'arrêta face à une demeure. Il ne pouvait plus courir la campagne avec sa cavalière effondrée. Il s'arrêta d'épuisement devant une demeure dorénavant bien connue. Oscar émergea doucement et entendit le tumulte. Peu à peu elle vit la lumière que l'on dirigeait en sa direction. Elle sentit des mains puis des bras réconfortants, forts, protecteurs la prendre. Elle ne marchait pas, quelqu'un la portait. On l'allongea dans un grand lit et l'on s'affaira autour d'elle. La chaleur revint peu à peu. Cette main douce sur son front, chaude, chaleureuse. Elle ouvrit ses yeux et découvrit le visage de son protecteur.

_"Oscar que c'est il passé ? Votre chemise était en lambeaux. Qui vous a fait du mal.
_Victor…Il a essayé…Il a touché mon sein. Victor…
_Quel monstre vous a blessé mon amie ?
_Il a dit qu'il m'aimait et il m'a embrassée et….Il a touché mon sein !"

Oscar éclata en sanglots. Victor-Clément de Girodelle la prit doucement dans ses bras avec une infime protection. Oscar s'agrippa à sa chemise. Il la serra un peu plus contre lui. Il la berça tendrement pendant un long moment. Leur étreinte fut brisée par l'arrivée impromptue du général de Jarjayes dans la pièce. A regret Oscar sentit le comte s'éloigner d'elle.

_"Monsieur il semblerait que votre fille ait été attaquée. Cependant il m'est impossible de vous dire qui lui a fait ça
_Êtes vous blessée Oscar ? Où avez-vous mal mon enfant ?
_Père…Je…._
_Le docteur vous a examinée et n'a trouvé aucune blessure.
_Je suis rassurée ma chère enfant. Mais grand dieu qui vous a fait ça ?
_Je ne sais pas…J'étais en train de me recueillir sur la tombe de mère. On m'aurait attaquée…
_Sans doute pour vous voler votre bourse. Mais pourquoi étiez-vous seule ?
_Je voulais être seule. Cela fait un an que mère est morte et je n'étais pas là pour elle.
_Cessez de vous tourmentez mon enfant.
_Général de Jarjayes puis-je me permettre de vous offrir l'hospitalité pour la nuit ? Mademoiselle ne semble pas en état de faire le court voyage jusqu'à votre demeure.
_Je vous remercie de votre sollicitude monsieur le comte. J'accepte avec grand joie. Maintenant nous allons vous laisser vous reposer.
_Attendez un instant Victor….Enfin Monsieur de Girodelle.
_Et bien je vous laisse !"

Le général de Jarjayes sortit mais ne ferma pas complètement la porte. Sur le seuil l'attendait le père de Victor-Clément ainsi que son frère aîné. Tous trois intrigués par la tournure des événements attendaient fébrilement.

_"Vous nous avez fait très peur aujourd'hui Oscar.
_Vous m'avez un jour dit que vous vouliez me laisser le choix à propos du mariage. J'ai longuement réfléchi…Je ne sais comment le dire.
_Oscar êtes vous en train de me dire que je peux faire ma demande à votre père ?
_Non pas que vous faites votre demande. Victor j'ai bien réfléchi et je ne peux rêver meilleur époux que vous…
_Mais ? Oscar je vous en supplie.
_Dites lui que nous allons nous marier. Ce n'est pas une demande mais une affirmation…Enfin si vous êtes…"

Il ne lui laissa pas le temps d'achever sa phrase. Il l'embrassa tendrement. Cela n'avait rien à voir avec le baiser d'André. Les lèvres de Victor étaient douces, sensuelles. Oscar répondit timidement au baiser. Elle pressa ses lèvres doucement contre celles de celui qui allait devenir son époux. Tendrement il accentua leur baiser. Elle se laissa faire et répondit franchement à ce baiser. Il aurait voulu que cela dure toujours mais du bruit venant du couloir l'obligea à rompre cet instant de félicité. A ce moment leurs pères entrèrent dans la pièce.

_"Chers enfants ! Quelle joie !
_Et moi qui pensait qu'il était mal d'écouter aux portes….
_Allons Victor ! Ma petite fille quel bonheur !
_Monsieur de Girodelle, je…
_Oscar je suis tellement heureux que vous ayez enfin trouvé l'homme qui saura vous rendre heureuse. Mon enfant chéri. Vous me comblez de joie ! Victor vous avez ma bénédiction quoiqu'Oscar ne semble guère s'en soucier !
_Merci Monsieur. Vous me comblez de joie. Maintenant nous allons vous laisser vous reposer mon amie."

Une domestique apporta à Oscar de quoi se restaurer. La jeune femme mangea un peu. Elle en cessait de penser aux récents événements. Elle ne regrettait en rien son choix. Victor avait su gagner peu à peu son cœur. A cet instant elle fut prise de nausée. Son cœur sur lequel André avait posé sa main. Enfin pas vraiment son cœur mais son sein. Ce rempart de chair protecteur. Il l'avait salie. Il l'avait touchée et pas seulement son sein. Elle repensa à cette main parcourant son corps. La touchant, se posant ça et là, essayant de découvrir la partie la plus intime de son corps. Instinctivement elle serra les cuisses et se recroquevilla. Seule dans cette chambre elle croyait entendre des bruits de pas. André venait il ? En quelques minutes toute l'amitié qu'elle avait pour lui s'était muée en peur. Elle sortit de son lit en enfila une robe de chambre. Elle sortit de sa chambre tremblante. Le couloir silencieux dans l'obscurité de la nuit la terrifia. Elle se revit enfant. Elle prit alors une grande inspiration et se faufila hors de sa chambre. Elle courut silencieuse aussi vite qu'elle le pouvait dans un endroit sûr.

Elle regarda cet homme allongé, calme, serein, un léger sourire aux lèvres. Pensait-il à elle en cet instant ? Ne sachant que faire elle s'assit à son chevet et lui murmura à l'oreille de se réveiller. Après quelques instants il ouvrit les yeux. Il paraissait surpris de la voir à son chevet. Il se redressa doucement et l'attira à lui.

_"Mais que faites vous ici en pleine nuit ?
_Je n'arrive pas à dormir. Je pense sans cesse à l'agression.
_Oscar il ne faut pas je suis là maintenant et plus jamais il ne vous fera de mal.
_C'était André.
_Quoi ?! Il a osé vous faire du mal ! Qu'a-t'il fait ?
_Victor, je ne veux pas me venger. Mais est ce que vous m'aimez bien qu'il ait touché mon…
_Bien entendu quelle question ! Ne vous inquiétez de rien je vous aime et rien ne changera mon sentiment.
_Est ce que je peux dormir avec vous ?
_Je ne peux pas vous refusez ceci après ce que vous venez de vivre. J'espère juste que personne ne nous surprendra. Ce serait embarrassant. Mon Dieu vous êtes gelée !
_Pourquoi embarrassant ? Nous ne faisons que dormir. Et puis vous m'avez déjà embrassée.
_Un baiser est une chose mais enfin…Oscar savez vous ce que font des époux dans un lit ?"



Début du WARNING



Victor-Clément réalisa combien Oscar était innocente. Savait-elle seulement ce qu'était le devoir conjugal ? Il n'avait aucun doute quant à sa virginité mais savait-elle seulement ce qu'était l'amour ? Tout à ses réflexions il n'avait pas vu Oscar délacer le haut de sa chemise de nuit. Il se laissa faire quand elle lui prit la main. Il se réveilla soudain. Elle avait doucement posé sa main sur son sein gauche. Elle lui sourit et l'embrassa doucement.

_"Oscar il ne faut pas Nous devons attendre d'être marié.
_Oui si vous me faisiez un enfant maintenant cela pourrait être fâcheux. Je veux juste que vous fassiez partir la souillure qu'André a déposée sur moi. J'ai envie que ce soit vous qui pour la première fois me touchiez.
_J'ai peur de ne pas pouvoir m'arrêter si je commence à vous caresser…
_Alors il ne faudra pas que je tombe enceinte…"

Oscar embrassa Victor Clément tendrement. Il répondit à ce baiser passionnément. Il sentit sa main caresser, câliner, cajoler ce sein puis son autre sein. Il l'embrassa plus fougueusement. Sa langue passa la barrière de celles de son amie. Il savait que s'il ne s'arrêtait pas bientôt plus rien ne le pourrait. Son désir le brûlait depuis trop longtemps. Oscar gémit doucement sous ses caresses. Elle ne voulait pas s'arrêter. Sa main caressa son dos mais la barrière de sa chemise l'empêchait de sentir sa peau. Elle tenta de la lui enlever. Victor l'enleva pour libérer le passage à sa bien-aimée. Il dénoua un à un les petits lacets lui interdisant l'accès au corps d'Oscar. Enfin son corps nu, magnifique apparu. Ses seins ronds et fermes, son ventre plat, ses longues jambes blanches et galbées. Il se déshabilla lentement conscient d'aiguiser le désir de son amante. Lorsqu'Oscar le vit nu elle ne put s'empêcher de le regarder avec admiration. Ce corps musclé, viril et elle su enfin ce qu'était un homme dans toute sa masculinité. Elle le détaillé des pieds à la tête s'arrêtant un long moment sur le symbole de sa virilité.

_"As-tu peur ?
_Non Victor…Viens."

Il embrassa chaque partie de ce corps tant désiré. Il passa un long moment à couvrir de baisers sa poitrine comme pour répondre à ses attentes et éteindre ses craintes. Haletante, la jeune femme caressait sa chevelure. Il descendit sur son ventre. Il sentit les entrailles d'Oscar se tordre sous l'effet du plaisir. Il caressait à présent ses cuisses. Il les écarta doucement. Il passa un doigt sur son sexe et l'entendit gémir. Il se pencha et l'embrassa à l'endroit le plus intime de son corps. Elle se cabra sous cette caresse. Il baisa son intimité encore et encore. L'ivresse le prit sans qu'il ne sache d'où elle pouvait bien venir. Doucement il arrêta cette intime caresse. Les yeux embués d'Oscar cherchèrent son visage.

_"Pourquoi arrêtez-vous ?
_Oscar …J'ai tellement envie de vous mais il ne faut pas que je vous déshonore. Il faut que nous attendions notre nuit de noces. Le comprenez-vous ?
_Je le sais…Je vous aime. Je t'aime. Comment te rendre se plaisir que tu m'as donné ? Non ne dis rien…"

Elle poussa Victor sur le dos et l'embrassa à pleine bouche. Puis lentement elle descendit le long de son cou, copiant les caresses de son amant, elle les embrassa chacun de ses mamelons. Victor sourit en réalisant qu'elle copiait ses caresses mais il ne dit rien préférant savourer ce plaisir qu'elle lui donnait. Arrivée au niveau de sexe en érection elle tira la langue pour le toucher. Victor gémit à cette caresse. Comprenant qu'elle touchait au but il prit le bout entre ses lèvres. Ne sachant pas trop quoi faire elle attendit un instant. Victor comprenant qu'il fallait l'aider lui murmura de faire un mouvement de va vient. Oscar exécuta cette caresse doucement puis de plus en plus rapidement. Les gémissements devenaient plus rauques et elle accéléra encore. Victor gémit et poussa sa tête juste à temps pour éjaculer dans les draps sous l'œil déconcerté d'Oscar.

_"Vous n'avez pas aimé ?
_Bien au contraire mais je ne voulais pas venir dans votre bouche mon cœur.
_Venir…
_Quand un homme a atteint le sommet du plaisir il répand sa semence et je en voulais pas vous salir. Vous êtes formidable Oscar…et une excellente élève !"


Fin du WARNING

Elle sourit et il l'embrassa tendrement. Il avait hâte de l'épouser afin de lui montrer l'entendue de son amour sans avoir à faire attention au fait de ne pas la déflorer avant l'heure. Une fois marier il lui ferait découvrir un monde inconnu de plaisir. Cependant pour l'heure il devait penser à lui faire regagner discrètement sa chambre.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:25

Chapitre 15 : le matin du bal

Il ferma la prote d'Oscar doucement. Il avait été dur de la quitter. Ils avaient passé un long moment à s'embrasser et se câliner. A regret il l'avait laissée se reposer. Il marchait, rêveur, dans le couloir lorsque son frère aîné l'interpella.

_"Et bien Victor avez-vous passé une bonne nuit.
_Charles, je ne vous avais pas vu.
_Vous me semblez songeur. Est-ce que Mademoiselle Oscar est une amante à votre goût ?
_Je ne vois pas de quoi vous voulez parler mon cher frère.
_Allons, si vous ne l'avez pas encore faite votre cela ne saurait tarder. A moins qu'une des domestiques ne lui ressemble beaucoup, vous étiez avec elle.
_Je n'ai pas attenté à son honneur. Je…
_Calmez vous petit frère. Je ne dirai rien mais soyez prudent à l'avenir et ne lui faites pas un héritier avant l'heure. Vous avez de la chance que ce soit moi qui vous ai surpris et non père ou encore le Général de Jarjayes. Je ne pense pas qu'il soit très heureux d'apprendre que son futur gendre soit déjà si intime avec sa fille chérie.
_Charles que voulez-vous ?
_Une fois la petite demoiselle épousée et enceinte je veux que vous refusiez le rang d'héritier de notre famille. Père vous fait plus confiance à vous qu'à moi, c'est insultant ! Je suis l'aîné et c'est à moi de prendre sa succession.
_Alors suivez mon exemple et contractez un mariage. Je me suis laissé dire que Mademoiselle d'Antin ne vous laissait pas indifférent.
_Elle est beaucoup moins entreprenante que votre Oscar ce la dit…
_Elle est toujours vierge ! Comment dois-je vous le dire ! Et je pense que votre demoiselle en connaît plus qu'Oscar sur toutes ces choses.
_Jolie mais niaise ! Très bien Victor je vous la laisse. Je pensais faire barrage en la demandant à mon tour en mariage mais je vous la laisse. Je n'ai pas envie d'une petite sainte qui ne sait pas ce qui se passe quand son époux lui demande d'écarter les cuisses.
_Vous êtes imonde Charles…."

Charles partit en riant laissant son frère à son dégoût et sa réprobation. Il aimait le contrarier. Déjà enfant puis adolescent lorsqu'ils avaient leurs premières armes amoureuses. Seulement il enviait Victor et cette facilité qu'il avait à ne pas se faire prendre dans une situation compromettante. Lui, il avait toujours été maladroit à ce jeu-là. Il ne voulait pas s'interposer au mariage de son petit frère. Au contraire il était heureux pour lui. Jamais il n'avait cru qu'il puisse un jour épouser la femme de ses rêves. Il avait cette femme alors il pouvait bien lui céder la succession de son père qu'il avait acquise suite à une malheureuse affaire discréditant Charles, lui, son aîné.

Oscar et son père rentrèrent à Jarjayes en fin de matinée. Ses sœurs inquiètes furent heureuses de constater qu'elle allait bien. Elles remarquèrent aussi toutes le changement dans l'attitude d'Oscar. Celle-ci avait accepté de porter une robe et le petit anneau à son annulaire était porteur de cette nouvelle tant attendue.

_"Dis nous vite qui est l'heureux élu ! Oscar arrête de jouer avec nos nerfs.
_C'est un militaire…
_C'est vrai que ça manquait dans la famille !
_Amélie cesse de l'interrompre. Allez dis nous !
_Donc un militaire. Il est colonel auprès de leurs Majestés et….
_Le comte de Girodelle !"
Eléonore avait plus crié qu'elle n'avait prononcé son nom. Oscar en avait sursauté puis elle avait éclaté de rire. Ses sœurs étaient bien des dames de Cour toujours à l'affût de la dernière rumeur. Elle les écoutait parler, rire, se chamailler autour d'elle mais déjà son esprit dériva. Elle se surprit à penser à la nuit dernière. Elle ne revenait pas de ce qu'ils avaient fait. Il lui sembla sentir ses mains sur sa peau. Ses tendres caresses, ses baisers et ses mots d'amour l'électrisèrent à nouveau.

_"Oscar que se passe t'il ? Tu es rouge comme une pivoine.
_Comment ?§ Oh non tout va bien, ne vous inquiétez pas. Je vais aller me reposer un peu. Je suis un peu fatiguée.
_Dis-moi chère sœur tu n'aurais rien d'autre à nous dire ?
_A quel sujet ?
_Victor et toi avaient été sages ? Vous êtes fiancés mais il vous est interdit de …consommer.
_Consommer ?
_Non rien, oublie ce que j'ai dit ! Va te reposer maintenant."

Oscar sortit de la pièce sans demander son reste. Elle se reprocha intérieurement d'avoir laissé son esprit divaguer. Ses sœurs auraient pu tout découvrir. Il était dangereux de se laisser ainsi aller. Toute à ses réflexions Oscar ne vit pas par la fenêtre le cavalier sauter de son cheval. Ce furent ses cris qui la tirèrent de ses pensées.

_"Monsieur c'est affreux ! Le comte de Girodelle a été blessé durant une attaque ! Monsieur le général !"

Le cœur d'Oscar se brisa à cet instant. Non pas Victor, pas lui ! Elle se rua en bas des escaliers. Elle bouscula ses sœurs et son père la prit de force dans ses bras pour la calmer. Elle n'était plus consciente de ce qui se passait. Tout semblait se dérouler comme dans un rêve. Bientôt un carrosse les emportait vers Versailles. Elle ne pouvait contenir son impatience, son inquiétude. Elle avait envie de crier. Elle ne supporterait pas de perdre un autre être cher, cela lui serait insupportable. Après sa mère devrait-elle faire le deuil de celui qu'elle aimait ? Enfin la voiture s'immobilisa Elle courut plus qu'elle ne marcha au chevet du comte de Girodelle.

_"Mademoiselle ne vous inquiétez pas il est sauf ! Tranquillisez vous la blessure est superficielle. Les hommes de votre fiancé ont pu arrêter à temps son agresseur."

Oscar fondit en larmes à la plus grande surprise de son père. Il n'avait jamais pensé voir sa fille pleurer un homme. Attendri Il la prit doucement dans ses bras.

_"Allons ma chère fille calmez vous. Votre futur n'a rien de grave. Mais qui a bien pu faire ça Monsieur de Broglie ?
_Un certain André Grandier."

Oscar se figea d'horreur. Ainsi André avait attaqué son futur époux. Incapable de réagir eelle se laissa entraîner au chevet de son fiancé.


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:26

Chapitre 15 : pour parvenir à ses fins tous les moyens sont bons 3

_"C'est à votre tour de nous causer du soucis Victor."

Elle s'approcha du comte qui remettait sa chemise. Il la regarda alors que la main d'Oscar suspendait son geste. Doucement elle avait écarté les pans de la chemise pour mieux voir le bandage de Girodelle. Elle effleura du bout des doigts la partie la plus bombée du pansement. Il frissonna à ce contact.

_"Souffrez-vous ?
_La douleur physique n'est rien comparée à la peur que j'ai eu de ne pouvoir vous revoir.
_Il n'y a plus à avoir peur à présent. Victor, est ce André qui vous a blessé ?
_Oscar je sais qu'il est votre ami d'enfance et que vous tenez beaucoup à lui mais il est l'auteur de cette agression.
_Pourquoi ? Est-ce ma faute ? Je l'aurai rejeté et par vengeance il vous aurait attaqué ?
_Cet homme vous aime et l'amour peut rendre fou le plus censé des hommes. Oscar, je vous en prie, n'essayez pas de le sauver, il vous perdrait. Ne pensez plus à lui mais tournez vous vers l'avenir.
_Je veux lui parler une dernière fois. Je veux lui faire face..
_Oscar ce n'est pas raisonnable.
_André à toujours été raisonnable pour moi. Pourrez vous l'être à ma place et me laissez le voir une dernière fois ?
_Alors nous prendrons toutes les dispositions nécessaires pour qu'il ne vous fasse aucun mal."

Il lui embrassa la main tout en la regardant dans les yeux. Il savait qu'il ne pourrait la convaincre de renoncer. Toutefois en homme raisonnable il se devait de prendre quelques dispositions avant cette dernière rencontre. Il ne pouvait prendre le risque de la perdre, il l'avait attendue trop longtemps. Pourquoi fallait-il que ce maudit domestique soit toujours en travers de son chemin ? Il avait conquis sa promise de haute lutte et entendait bien la garder pour lui seul. Il ne voulait pas partager son cœur et encore moins avec André, un simple valet. Il fallait qu'il s'entretienne discrètement avec Eléonore ainsi qu'avec le Général de Jarjayes et leur Majestés pour hâter le mariage.

_"À quoi songez-vous Victor ?
_Je me demandais simplement si vous comptiez vous rendre sur la tombe de votre mère aujourd'hui."

Oscar eut un sourire nerveux. Elle avait envie de voir sa mère mais les événements de la veille lui revinrent en tête. Elle croisa les bras, s'assit et se cloîtra dans un étrange mutisme. Victor avait compris qu'il pouvait la tenir à distance d'André pendant un temps. La blessure était réelle et elle ne pardonnerait pas facilement. Mais c'était André il devait manœuvrer avec prudence.

_"Victor….Je ne veux pas me rendre sur la tombe de ma mère aujourd'hui. Je crois que je ne devrais pas me murer dans mon chagrin…Je…"

Les larmes coulèrent le long de son visage. Elle les avait retenues mais encore fois le chagrin gagnait. Elle tournait toujours le dos à Girodelle. Elle essaya de ne pas laisser échapper ses sanglots pour ne pas l'alarmer. Elle avait peur de le lasser. Il voulait une épouse qui regardait vers le futur mais celui-ci était plein d'incertitude. Sa mère lui manquait cruellement en ces jours où son destin devait basculer. Les mots d'une mère lui manquaient et elle ne savait vers qui se tourner. Comment être femme quand celle qui est censée vous donner les clés n'est plus là ? Son absence n'en est elle pas que plus cruelle ?

_"Ne pleurez pas mon amie. Votre chagrin un jour s'adoucira. Mais pour cela vous devez faire votre deuil et peut m'importe le temps qu'il prendra."

Victor l'attira doucement à lui. Il la berça, lui caressa les cheveux. Il ne supportait pas de la voir ainsi malheureuse. Il pensa qu'une fois marier sa peine s'estomperait. Il lui donnerait une famille, des enfants, une vie agréable. Il ferait de son monde un exquis paradis fait d'insouciance.


Un peu plus tard dans l'après-midi.

_"Alors cher comte vous faites des frayeurs à ma petite sœur ?
_Je n'avais nullement l'intention de lui causer autant de tracas. J'ai même été étonné de la voir pleurer mais je vous avoue aussi que ses larmes m'ont fait plaisir. Je sais maintenant qu'elle ne consent pas à m'épouser pour échapper à une union moins avantageuse.
_C'est vrai que le mariage l'effraie. Elle est comme un oiseau pris au piège mais vous semblez ouvrir sa cage. Non ce qui m'inquiète plus c'est André. Je pensais que c'était une bonne chose de le faire revenir mais j'ai peur de m'être trompée.
_N'ayez crainte son retour a été salutaire. Savez-vous pourquoi Oscar n'est pas rentrée hier et les raisons de son agression ?
_Que voulez vous dire ? Père a parlé d'une chute de cheval….
_Il n'en est rien. Oscar s'était rendue sur la tombe de votre mère hier quand ce fou la violentée. Il l'a embrassée de force et lui a déchiré sa chemise. Fort heureusement elle est parvenue à fuir avant que le pire ne se produise. Je me suis chargé bien entendu de la consoler.
_Mon pauvre petit chaton ! Je suis étonnée qu'elle ce soit laissée approcher après cela. Oscar n'est pas du genre à aimer le contact physique….Qu'avez-vous ?
_Votre sœur peut pourtant être très…câline.
_Que lui avez-vous fait ? Vous ne l'avez tout de même pas…
_C'est une idée fixe en ce moment de croire que je profiterai de sa fragilité pour la faire mienne ? Je l'ai juste consolée disons de façon peu catholique mais son honneur, je le répète, est intact.
_On dirait que vous avez déjà eut cette conversation ! Bon je vous crois ! Et puis ces choses-là ce remarque et Oscar paraît toujours aussi innocente qu'avant. Elle est fragile cependant ne croyez-vous pas que je devrai l'instruire un peu ? Tout en lui faisant comprendre qu'André lui voulait du mal…
_Je ne saurai refuser votre aide, Madame. Maintenant pardonnez moi mais je dois aller me préparer pour le bal de ce soir."

Eléonore sourit. André était définitivement écarté il ne restait que le problème Fersen à résoudre. Elle avait intercepté tous les billets qu'il avait fait parvenir à s sœur mais elle craignait qu'il ne vienne au bal. Ce petit monsieur prétendait agir pour le bien de sa sœur ? Non, seule elle agissait pour le bien d'Oscar. Pendant des semaines elle avait poussé sa sœur dans les bras du comte de Girodelle, elle avait éloigné André, intercepté les missives du comte de Fersen, fait accepter à son père l'idée d'avoir Girodelle pour gendre. Elle était allée jusqu'à proposer une date pour les noces tout en sachant qu'André par son geste insensé allait la faire accepter par tous. Elle avait soufflé une douce folie dans l'esprit d'André afin qu'il se perde lui-même. Il ne restait plus qu'une seule chose à faire : qu'Oscar redevienne l'héritier des Jarjayes. Elle devait cependant attendre que sa sœur se marie et mette un enfant, un garçon, au monde. Elle pensa à sa mère et la pria en silence.

"mère, pardonnez moi…Et donnez moi la force d'aller jusqu'au bout."


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:27

Chapitre 16 : N'ayez crainte, je veille….

Oscar avait fait sensation lors de son entrée. Une longue robe couleur émeraude drapée à sa taille pour en souligner la finesse. Sur ses graciles épaules tombaient en une cascade bouclée ses cheveux blonds. Elle portait un magnifique collier de perles et de pierreries, cadeau de son fiancé. Elle s'avança pleine de grâce au milieu de la foule. Monsieur de Fersen ne put détacher son regard de cette vision angélique. Il envia de toutes ses forces le comte de Girodelle. Il aurait voulut lui parler mais n'était ce pas inopportun de gâcher ce moment de sérénité ? Elle lui semblait heureuse ou tout du moins quelque peu apaisée. Il la regarda danser avec son fiancé pendant une bonne partie de la soirée puis c'était avancé vers elle. Elle semblait surprise de le voir. Pourtant ne lui avait il pas écrit à plusieurs reprises ? Elle ne lui avait jamais répondu. Cela ne lui ressemblait pas mais il avait fini pas se faire une raison. Toutefois elle avait accepté cette danse et le couple s'élança sur la piste non sans être observé avec attention par la famille d'Oscar.

_"Vous voici donc fiancée Oscar ?
_Il semblerait que tout arrive. L'idée de me marier me rend nerveuse mais je n'en suis pas moins heureuse. Et vous mon cher comte que me vaut votre présence ici ?
_Votre long silence. Je n'avais plus aucunes nouvelles de vous je m'inquiétais. Vous sembliez tellement triste la dernière fois que je vous ai vue. Néanmoins il semblerait que monsieur de Girodelle ait su gagner votre cœur.
_Je crois que je l'aime, Fersen…
_Alors épousez le au plus vite et soyez heureuse chère amie. N'oubliez pas cependant que je vous serait toujours attaché comme le plus fidèle de vos amis."

Il n'eut pas le cœur de lui déclarer sa flamme après ce tendre aveu. Aimer n'était ce pas s'oublier au profit de la personne aimée ? Il la libéra après cette danse la laissant rejoindre son futur époux. Il devait avouer qu'ils formaient un beau couple. Il connaissait le comte de Girodelle et ne lui connaissait que des qualités. Cette vision lui rappela combien il était seul, sans aucune personne pour l'aimer, sauf la reine. Mais c'était un amour impossible alors qu'Oscar aimait et était aimée en retour. Il s'arracha à cette vision et décida de quitter le bal.

_"Vous nous quittez déjà Monsieur le Comte ?
_Pardonnez moi Madame mais je ne pense pas vous connaître…
_Je suis Eléonore, l'une des sœurs aînées d'Oscar. Vous ne nous honorez que peu de votre présence.
_Je voulais juste être rassuré quant à l'état de votre sœur. Elle est une maie très chère.
_Oui elle m'a parlé de vous c'est pourquoi je suis étonnée que vous quittiez le bal donné en l'honneur de ses fiançailles si rapidement. Cette soirée vous déplairait elle ?
_Madame, ce bal est tout simplement une réussite. J'ai pu féliciter votre sœur pour ce futur mariage. Je lui souhaite sincèrement tout le bonheur du monde. Maintenant, pardonnez-moi mais je suis attendu à Paris.
_Au revoir Monsieur. J'espère vous revoir aux noces de ma très chère petite sœur."

Fersen salua Eléonore et partit d'un pas rapide. Eléonore sourit. Elle allait devoir veiller à ce qu'il ne perturbe pas sa sœur avant son mariage. Ce n'était qu'une question que de peu de temps après tout. Leurs Majestés avaient donné leur bénédiction à cette union et dans quelques semaines Oscar convolerait en justes noces. Elle n'était cependant pas rassurée pour autant car tant de choses restaient à faire. Elle ne pourrait pas tout faire seule le concours de ses sœurs lui parut plus qu'indispensable. Elle connaissait le dégoût que Fersen inspirait à Marie Charlotte, le goût d'Annabelle pour les beaux hommes, le talent de Constance pour manœuvrer et la discrétion d'Amélie pour conclure en toute discrétion la plus périlleuse des intrigues. Elle se réservait l'éducation de sa petite sœur. La naïveté et la candeur dont elle pouvait faire preuve en amour l'attendrissait.

_"Eléonore vous rêvez ?
_Oscar ! Ce n'est pas bien de prendre les gens par surprise. Mais je vous pardonne car c'est à vous que je pensais. Ma petite sœur j'aurai à vous entretenir demain d'un certain sujet.
_Lequel ? J'espère qu'il ne s'agit pas encore de fanfreluches. Grand-mère est incontrôlable à ce sujet ! J'ai l'impression qu'elle prépare le mariage du Dauphin de France !
_C'est au sujet du mariage et des obligations qu'il implique que je souhaiterai vous parler.
_Je sais ce que font des époux dans un lit qi c'est ce que vous essayez de me dire. J'ai entendu plus d'un récit à ce sujet à la Cour.
_Vous me facilitez les choses dans ce cas. Vous devez déjà manquer à Victor, allez le rejoindre !
_Très bien puisque vous me l'ordonnez je m'en vais !"

Oscar s'éloigna en riant doucement. Eléonore reprit ses réflexions là où elle les avait laissées. Elle était veuve depuis plusieurs années maintenant et ses enfants étaient mariés. Son fils avait assuré la succession de son époux et son petit-fils en ferait de même le jour venu. Elle pouvait rester loger chez son père maintenant. Elle serait ainsi proche de sa sœur et de sa belle-mère. La pauvre femme n'était vraiment pas digne d'être une Jarjayes. Elle n'avait rien de la beauté et de la grâce de sa mère. Cependant contrairement à sa mère elle pouvait encore procréer. Il fallait trouver un moyen de l'empêcher de nuire. Elle n'était qu'une nuisance après tout donc peut importait ce qui pouvait bien lui arriver. Elle ne pouvait toutefois pas prendre trop de risques. Elle n'était pas en excellent termes avec elle mais Amélie et Constance l'étaient. Une idée diabolique germa dans son esprit. Tout était parfait maintenant ! Elle savait comment faire pour évincer cette femme de la famille. Elle pensa en elle-même.

_"Ma petite Oscar si j'étais toi je m'appliquerai concevoir rapidement un héritier. Tu vas bienôt retrouver ta place d'héritière mon chaton…."


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MessageSujet: Re: [Lady Oscar]Un mauvais tour Dim 15 Nov 2009 - 21:27

Chapitre 17 : Par une froide journée de janvier

_"Grand-mère arrête ! J'étouffe !
_Arrête de bouger Oscar ! Tu vas finir par nous mettre en retard à gesticuler ainsi ! C'est presque terminé alors cesse de faire l'enfant !"

La vieille femme tentait d'ajuster correctement l'ensemble des jupes formant la robe d'Oscar. La robe offerte à Oscar par son père était des plus magnifiques mais aussi des plus difficiles à ajuster. A la multitude de jupes s'ajoutait une capeline en fourrure. Ainsi vêtue sa petite protégée ressemblait à la reine des neiges. Après avoir réussit à arranger sa tenue, Grand-mère coiffa les longs cheveux d'Oscar. Elle les releva en chignon duquel quelques mèches folles s'échappaient. De haute lutte elle parvint à les discipliner non sans faire bougonner Oscar. Après plus de deux heures de préparation elle était enfin prête pour ce qui devait être le plus beau jour de sa vie.

_"Grand-mère, pouvez vous me laissez seule avec Oscar.
_Bien Madame Eléonore."

Eléonore s'assit à côté d'Oscar sur le petit canapé. Elle n'arrivait pas à croire que cette sublime jeune femme était sa sœur benjamine. Bien sûr elle avait toujours trouvé Oscar très belle mais aujourd'hui elle rayonnait particulièrement.

_"Ma petite sœur aujourd'hui tu entres dans le monde des épouses. En épousant le comte de Girodelle tu entres dans un monde fait d'obligations mais aussi de bonheur. Je sais qu'il saura te rendre heureuse. Je voulais profiter de cet instant de paix pour te parler de quelques petites choses concernant ta nuit de noces.
_Lonore, nous en avons déjà parlé il me semble. C'était déjà embarrassant la première fois sommes nous obligées….
_Ma chérie, je ne t'ai pas tout dit pour ne pas t'effrayer. Écoute-moi bien. La première fois d'une femme est quelque peu douloureuse. Lorsque ton époux va te faire sienne tu risques de ressentir une légère douleur mais surtout laisse toi faire. Lorsqu'il aura cueilli la rose de ta virginité ne dit rien et laisse-le faire ce qu'il a à faire. Tu as compris ? Tu ne te débats pas, tu ne pleures pas, tu ne cries pas. Tu as bien compris ? Bon autre chose maintenant. La Cour jase à propos de ta supposée virginité. Pour faire taire les mauvaises langues j'ai pris le soin de placer dans votre lit un drap blanc. Il faudra que tu reste sur ce petit drap tout le temps que l'acte conjugal durera. S'il te plaît ne t'oppose pas à ça et obéis ! Ce petit subterfuge pourrait un jour te sauver."

Oscar regarda sa sœur inquiète. Elle ne savait que penser des paroles d'Eléonore. Pourquoi ce drap et que voulait elle dire par douleur durant l'acte ? Elle n'avait jamais entendu parler de cela. Chaque fois que seuls, Victor et elle s'étaient caressés jamais elle n'avait eu mal. Elle n'avait bien entendu rien dit à son aînée à ce sujet ce qui rendait ces propos encore plus obscurs. Mieux valait oublier cela pour le moment. Il était l'heure de partir pour l'église.

Le Général de Jarjayes conduisit sa fille à l'autel remplie d'une fierté non dissimulée. Le cœur remplit d'un légitime orgueil paternel il remonta l'allée centrale de l'église sous les regards remplis d'admiration des courtisans. Sa benjamine était bien la plus belles des femmes de la Cour. Aucune ne pouvait rivaliser avec elle, pas même la reine selon lui. Son Oscar, sa petite fille allait enfin être heureuse. Il se félicitait d'avoir réussit à la marier cependant il eut une pensée pour sa fille Eléonore qui avait grandement aidé à la conclusion de cette union. Arrivés à la hauteur de Monsieur de Girodelle il lâcha la main de sa fille et lui murmura à l'oreille que sa mère aurait été heureuse de la voir si épanouie le jour de son mariage. Les larmes aux yeux, Oscar saisit la main de son fiancé. Les doutes et les appréhensions la submergeaient autant qu'un certain sentiment de bonheur. Elle n'était pas tout à fait certaine d'avoir fait le bon choix mais il n'était dorénavant plus possible de reculer. Déjà ils avaient prononcés leurs vœux et Victor avait passé l'anneau nuptial à son doigt. Le sort en été jeté, elle était l'épouse du comte de Girodelle. Plus que son épouse elle était Madame de Girodelle, épouse de Monsieur le Comte, colonel de la Garde Royale de leur Majestés Louis XVI et Marie-Antoinette.

La réception et le bal qui suivirent la réception firent sensation auprès des invités. Leurs familles avaient mis les petits plats dans les grands pour célébrer ce jour unique. Oscar ne put s'empêcher de penser à André, son ami d'enfance dorénavant emprisonné. Elle n'avait toujours pas compris la folie qui s'était emparée de lui. Selon Eléonore, il avait sans doute but tout son saoul dans une taverne et mut d'une étrange fièvre il avait attaqué Victor. Oscar avait du mal à croire à cette version, elle ne reconnaissait pas son ami dans cette description des faits. Cependant le connaissait-elle vraiment ? Elle n'avait jamais cru qu'il puisse lui faire du mal pourtant il l'avait blessée elle aussi. Ses yeux se posèrent sur sa belle-mère, triste poupée, assise près de Constance. Elle n'avait jamais cherché à la connaître et n'avait nullement envie de lui parler. La voir ne faisait que renfoncer son amertume et son chagrin. C'était sa mère qui aurait du être assise à cette place.

_"Oscar ? Vous sentez vous bien ?"

Son époux interrompit ses réflexions. Surprise elle leva les yeux vers lui.

_"Oui bien entendu. Pourquoi cette question ?
_Vous avez semblez tellement triste à l'instant.
_Pardonnez moi monsieur. Je pensais à ma mère.
_Je comprends. Il commence à être tard, vos sœurs voudraient savoir quand vous comptez rejoindre nos appartements.
_Je ne sais pas … Dès qu'il sera temps. Enfin je veux dire…"

Il posa un doigt sur ses lèvres et l'entraina dans une dernière danse avant de la laisser partir en compagnie de ses sœurs. Elle semblait un peu nerveuse ce soir ce qui le fit sourire. Ce pourrait ce que ses sœurs lui aient enseignées quelques petites choses de la vie amoureuse ? Il songea aux rares moments d'intimité qu'ils avaient partagés. Il c'était montré doux et patient mais ce soir devait être différent. Elle allait enfin devenir sienne.

_"Alors Victor vous rêvez !
_Je vous demande pardon Charles mais que dites vous ?
_Je dis que vous devriez monter dans vos appartements maintenant. Le bon duc de Broglie vous a intimé un ordre : à l'ouvrage !"

Victor partit sous le regard amusé de quelques invités qui avaient entendu la conversation entre les deux frères.

_"Pensez vous vraiment qu'elle est aussi vierge que le jour où elle est venue au monde ?
_C'est un ancien militaire, qui sait jusqu'où ses anciens soldats sont allés entre ses cuisses !
_Vous médisez sur ma petite sœur messieurs ? Comme c'est galant de votre part ! Pour ma part je pense que vous ne devriez pas douter d'une femme aussi droite et honnête qu'Oscar. Elle est au-dessus de tous soupçons.
_Enfin Charles que se passe-t-il ?
_Ah Eléonore je vous cherchais ! Un léger souci d'intendance, venez très chère."

Tout en entraînant Eléonore loin des invités il lui demanda si tout était prêt.

_"Oscar est dans leur lit. Marie et Constance l'ont aidée à se préparer. Victor devrait arriver d'une minute à l'autre.
_Le drap est installé ?
_Oui j'ai vérifié au moment où elle s'allongeait. Maintenant espérons qu'ils ne bougent pas trop.
_Vous avez bougé pendant votre nuit de noces ? C'est bien la première fois que j'entends ça !
_A la différence d'Oscar je n'étais plus tout à fait une jeune fille. Maintenant je dois y aller.
_Où, diantre ?
_M'assurer de la consommation du mariage. Bonne nuit Charles."

Eléonore planta son compagnon sur place. Elle regagna la demeure en vitesse et s'installa à son poste de garde. Tout devait se dérouler selon ses plans, elle ne pouvait rien laisser au hasard.

Victor entra dans la chambre où l'attendait Oscar. Le moment qu'il attendait depuis des siècles, lui semblait-il, était enfin arrivé.


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[Lady Oscar]Un mauvais tour

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